On fait comme on peut

Dans un bureau de consultation, puisqu’on traite des choses de la vie, on aborde aussi la mort : celle d’un ami, d’un
frère, d’un parent, d’un enfant …

On évoque le vide implacable, l’irréel indescriptible. Alors le médecin épaule du mieux possible, en respectant les silences,
en autorisant les flots de larmes se déversant suite au choc de la nouvelle. Car quels que soient son âge, son vécu, les
circonstances, l’Homme n’est jamais vraiment prêt à se séparer d’un être chéri, d’une personne « ressource » dont il est d’ailleurs sur le coup impossible de parler au passé. Il fait simplement comme il peut.

Du choix d’un vêtement pour faire une dernière fois honneur lors des funérailles aux nuits blanches, des craintes sur l’avenir à la sensation de gorge nouée, on se livre. Puis parfois aucun mot ni émotion ne sort. Perdre un proche, c’est perdre une partie de soi, un pilier, un port d’amarrage. C’est être privé de ces moments de joies exacerbées, de peines partagées, de complicités folles, de tendresses inavouées, de rassurances, ces moments si particuliers qui font la richesse et l’unicité d’une relation humaine. Après le choc, le temps fait tourbillonner nos sentiments noirs : le déni précède la colère, puis la tristesse, la résignation.

Et enfin survient l’acceptation que l’on supposait impossible, le premier pas vers une vie sereine. Les mois, les années aident alors positivement à pardonner, à se mettre en quête d’un renouveau, à se reconstruire, à retrouver la joie. Pourquoi passons-nous par ces phases? Est-ce la sagesse ? Un gage de maturité ? Je ne sais pas. Ce dont je suis sûre par contre, c’est que dans ce processus du deuil, l’être aimé n’est jamais bien loin. Il continue à « vivre » en permanence autour de nous. Un anniversaire, une lumière, un lieu, une odeur, une sensation, une anecdote, une saveur, une expression, un rire, un plat, une rue empruntée nous amènent à un souvenir de lui.

Et lors de cette phase d’acceptation, un jour tout s’inverse, et ces pensées finissent par procurer malgré le manque – je vous le souhaite – des émotions aussi douces que l’amour a été grand et aussi paisibles que les souvenirs sont précieux.

Laure

Intéressons-nous

Septembre, c’est la rentrée des classes et aussi celle des activités extrascolaires. Gym, piano, théâtre, judo, que sais-je ?

Au départ, c’est un peu la panique pour s’organiser ou trouver ce qui va plaire. Puis ça roule…Ça roule tellement que
pendant l’entraînement de foot du petit, même depuis les gradins, on reste collé à notre smartphone. Et tant pis si on a loupé la passe décisive. On feindra l’inverse. Ça roule tellement qu’on se contente d’un « Ça a été ton cours » ? Un « oui » puis on passe à table car c’est la course, d’ailleurs on n’a pas fini les devoirs ni donné le bain à la petite …

Ces mots suite à une jolie discussion avec Claire, une amie prof de violon. Parmi ses jeunes élèves, selon elle, ceux qui ont davantage l’envie d’avancer, ceux qui passent au-delà des caps difficiles ou des déceptions, ceux qui persévèrent le
plus et renoncent le moins, ce ne sont pas forcément les enfants de musiciens ! En réalité, ce sont les enfants qui ont la
chance d’avoir un entourage éprouvant de l’intérêt pour leurs apprentissages.

Ces mots résonnent et déculpabilisent aussi. Nul besoin d’avoir l’oreille absolue, les connaissances d’un journaliste sportif ou le dribble de Griezmann pour aider son enfant.

Puis, si notre emploi du temps ne nous permet pas d’accompagner notre petit, ce n’est pas dramatique. Encore mieux, on n’est même pas obligé d’apprécier l’activité
en question !

Ce qu’il faut, je pense, c’est un peu bonne volonté et peut-être simplement les bonnes questions : « Peux-tu me montrer
comment tu fais ? » ou  » T’as ressenti quoi là ? »

Des questions ouvertes et un intérêt sincère qui arment de courage, de volonté et de résilence. Pour franchir les étapes,
affronter les échecs, savourer les victoires dans un stade, un auditorium, sur un parquet de danse ou sur un tatami, douce
métaphore des épreuves de la vie.

Laure

Rions

On en parle peu, pourtant ça devrait être noté en gras au bas des ordonnances ! Ces quelques mots, c’est pour vous
rappeler que le rire est essentiel, voire vital. Il est anti-stress, anti-douleur, créateur de lien social. Il permet de
prendre la vie du bon côté, d’être joyeux, de dédramatiser les difficultés. Si mon potentiel comique n’est pas
encore reconnu, ou alors malgré moi, je réalise aujourd’hui que finalement j’ai un fidèle public et ce sont mes enfants !
En même temps, ils n’ont pas le choix me direz-vous😜.

Des chatouilles, grimaces, voix bizarres, marionnettes avec les mains, « attrape-moi »ou autres faux-prouts avec
ma petite dernière au combats de karaté, jeux de mots ou seconds degrés avec mes grands, on a de quoi faire.
Car créer des émotions, c’est aussi créer des souvenirs.
Alors rions, rions tous les jours, et enseignons le rire à nos petits.Rions avant que l’enfance ne s’envole pour
qu’elle ne tombe jamais dans l’oublie.

Bel été à vous,
Laure

Laissons-les s’exprimer

Les choses commencent à changer quant aux stéréotypes de genre… Et heureusement. Cependant, on vit encore dans une société où le petit garçon qui aime la danse classique, les perles, la Reine des Neiges ou le rose va être en marge… Au même titre que la jeune fille qui aimerait la boxe, les voitures de course ou le bleu. En marge car le monde estime encore parfois que certaines actions doivent être attribuées aux garçons et d’autres aux filles. A partir de ceci, quel est le coût de la transgression ? Devoir se justifier ou subir des moqueries, du sexisme ? Et ben non ! Plus que jamais, éduquons les adultes, éduquons les enfants, nos proches, nos voisins. Arrêtons de juger. Laissons les enfants s’exprimer, et aidons-les à s’épanouir. Car, on s’accordera tous à dire que pour un épanouissement personnel (et probablement professionnel), il est important de s’investir dans ce qu’on a choisi et qu’on aime.

Laure

PS : Le petit garçon sur la photo, c’est mon fils, lors de son cours de danse. J’ai eu plaisir à regarder Ballerina ou le Lac des Cygnes avec lui, je compte bien -s’il en a envie- lui faire découvrir Billy Elliot ou les ballets de Millepied.